LES ETAPES
20-26/01/2000
(Italie-Grèce)
27-30/01/2000
(Grèce)
31/01-3/02/2000
(Chypre-Israël)
4/02-7/02/2000
(Proche-Orient)
8/02-12/02/2000
(Proche-Orient)
13/02-18/02/2000
(Jérusalem)
19/02-2/03/2000
(Proche-Orient/Egypte)
2-15/03/2000
(Egypte)
16/03-2/04/2000
(Egypte)
3/04-26/04/2000
(Jordanie)
1/05-20/05/2000
(Jordanie-Turquie)
22/05-12/06/2000
(Turquie)
13/06-19/06/2000
(Turquie)
23/06-5/07/2000(I)
(Turkménistan-Iran)
27/06-4/07/2000(II)
(Turkménistan-Ouzbékistan)
5/07-17/07/2000
(Turkménistan)
22/07-5/08/2000
(Ouzbékistan-Kirghizstan)
5/08-25/08/2000
(Kirghizstan)
31/08-4/09/2000
(Kirghizstan)
5-8/09/2000
(Kazakhstan)
8/09-21/9/2000
(Russie)
21/09-3/10/2000
(Russie-Estonie)
5/10-22/10/2000
(Lettonie-Lituanie)
24/10-15/11/2000
(Lituanie-Pologne-Allemagne-Suisse)

22 septembre 2000(le parc LAHEMAA,ESTONIE)

Nous avons définitivement quitté la Russie, après quelques petites heures passées à la douane... russe. Nous voici dans un nouveau pays, dans un nouvel environnement: l'Estonie; le long du Golfe de Finlande, vaste bras de la Baltique qui vient chatouiller les digues de Leningrad. Cette côte est vraiment belle. Nous sommes tombé sous le charme de ces forêts denses et grasses, de ces baies silencieuses où viennent reprendre leur souffle des oiseaux migrateurs, de ces clairières parfumées et de ces petits lacs champêtres. Nous avons passé trois jours à nous balader dans le parc national de Lahemaa: le paradis du camping sauvage, la nature timide et jolie, la sérénité à l'état pur. Des nuits paisibles et glaciales, au bord d'une falaise, à l'orée d'un marais puant, sur un héliport soviétique abandonné ou encore sur une crête surplombant la baie de Naskal. Apéro-caviar-Smirnoff sous un crépuscule rougeoyant, cueillette de champignons, séance-esthéticienne pour Odilon, séance-randonnée pour Walo, dégustation du poisson fumé local - le lest -, et surtout, 20 km de conduite par jour maximum. Après la Russie, nous récupérons et c'est le bonheur.

Tout comme les pays d'Asie centrale, l'Estonie est également une république de l'ex-URSS, qui a proclamé son indépendance en 1991. Pour la seconde fois en fait, elle l'avait déjà fait le 24 février 1918. Une histoire pour le moins agitée, tiraillée entre l'Allemagne nazie et les armées bolcheviks. En 10 ans, depuis son indépendance, ce petit pays de la taille de la Suisse s'est efforcé de balayer avec vigueur toute trace soviétique. Le parti nationaliste La Mère Patrie en avait fait son leitmotiv.

Après ces presque trois mois à la sauce russe, nous avons donc retrouvé une forme de civilisation qui nous est plus familière, et donc un certain confort: des magasins richement garnis, des pompes à essence automatiques, des routes irréprochables, des bons petits espresso mousseux, et surtout... plus de visas, plus de check-points, plus d'inutile paperasse. C'est moins dépaysant mais on ne s'en plaint pas pour l'instant. Quant aux Estoniens, nous les trouvons plutôt sympathiques, pas forcément chaleureux, mais gentils et coopérants. Ce qui contraste avec les Russes, soit dit en passant. Ils parlent une langue "de viking" proche du finlandais, avec des intonations qui rappellent étrangement le suisse-allemand. Inutile de préciser que nous ne comprenons strictement rien. Heureusement beaucoup de jeunes Estoniens parlent anglais.



26 septembre-1er octobre 2000(TALLIN,ESTONIE)

Bienvenue à Tallinn, la capitale du pays. Située à deux heures de ferry d'Helsinki, de l'autre côté du Golfe de Finlande, Tallinn est une bourgade portuaire où il fait bon vivre. Les vieux quartiers sont ravissants, et de surcroît imbibé d'un long passé mouvementé. En 1997, l'Unesco a classé la vieille ville de Tallinn "patrimoine mondial". On ne compte plus les tavernes, échoppes, galeries, musées, librairies, pubs et restaurants. Il n'y a décidément plus aucune trace du passé soviétique. Les boutiques d'artisanat sont pour la plupart très cossues et très chères, les bistrots souvent plutôt huppés. Hélas pour nous. Mais nous avons quand-même trouvé un chouette endroit: le Olde Hansa, un restaurant médiéval au cadre remarquablement reconstitué; la cuisine y est solide et fine à la fois. La cervoise artisanale - au miel ou aux herbes - y est délectable.


2 octobre 2000(flash back en ASIE CENTRALE)

Sur les routes lisses d'Europe du nord, la fin du voyage proche fait ressurgir des souvenirs encore frais. Nous reparlons souvent de l'Asie centrale. Du Kopet Dagh au Tian Shan, le désert turkmène, les plaines ouzbeks, les hauteurs kirghizes, et ce raid à travers la steppe kazak, notre périple au Turkestan russe a laissé en nous la trace d'une grande aventure.

Une aventure humaine d'abord, avec des rencontres inattendues et riches. A nos yeux, le sens de l'hospitalité est plus réservé que dans le Proche-Orient arabe, moins théâtral peut-être. Mais il est bien réel. Et puis toutes ces rencontres forcées avec les officiels, militaires, flics, douaniers. De manière globale, ça s'est plutôt bien passé finalement. C'était le plus souvent bon-enfant. Mais c'est sûr qu'à la longue, ça peut devenir pesant pour un voyageur.

Une aventure historique et ethnique, dans les sillons de la Route de la soie. Des villes légendaires et des bleds paumés où s'entremêlent et s'entrechoquent ces peuplades turco-mongoles islamisées, dont les terres ont peu à peu été annexées pas la Russie tsariste, puis par les Soviétiques. Aujourd'hui, Kirghizes, Kazaks, Ouzbeks et Turkmènes ont acquis leur indépendance, avec toutes les implications que cela entraîne. Revendications nationales, renouveau de l'Islam, cohabitation des minorités, etc. Politiquement, socialement et économiquement, le quotidien semble difficile - ça se voit - et l'avenir est plus que jamais incertain - selon la presse.

Une aventure linguistique. Une grande frustration pour nous qui nous sommes attaqués à ces contrées sans aucune notion ni de turc, ni de russe. La langue a souvent été une barrière frustrante. Nous avons vite abandonné notre microscopique connaissance du turc pour nous mettre au russe, puisque tout le monde le parle en Asie centrale. Mais là encore, après les cinq minutes de bla-bla introductifs, on se retrouve coincé, et tout le monde gesticule pour se faire comprendre.

Une aventure gustative. De loin pas toujours excitante il faut bien l'avouer. Mais outre les quelques spécialités locales dont nous avons déjà parlé, on se souviendra quand-même longtemps de ces énormes melons juteux et sucrés, de ces nons croustillants quand ils sortent du four, des inqualifiables chachliks mouillées au vinaigre, du laghman et ses nombreuses façon de le servir, du kordak que Rachel n'a testé qu'une seule et unique fois, et de ce petit vin blanc de Samarcande à l'arôme généreuse, nectar délicat que Omar Khayyam devait sûrement bien connaître!

Une aventure routière, souvent épique. Même si mécaniquement, nous n'avons rencontré aucun problème, nous ne récidiverons pas avec un véhicule comme ça. L'escroquerie des taxes turkmènes, l'omniprésence harassante des miliciens ouzbeks et le délabrement des routes kirghizes et kazaks ne nous ramènera pas de sitôt sur les chaussées du Turkestan.

Finalement, une aventure parfois ardue, toujours surprenante, dans des pays où beaucoup de choses vont à l'encontre de notre logique d'occidentaux, et où rien n'est amenagé pour faciliter la vie d'un voyageur étranger. Mais c'est aussi pour ça que nous avions voulu aller là-bas.



3 octobre 2000(PARNU,ESTONIE)

Nous sommes à Parnu, il fait moche, il fait froid, la ville est déserte. On ne va pas s'attarder. La Lettonie est à portée de roues.

Dernière journée en Estonie et dernier bivouac en bord de mer, au milieu des roseaux. Des pêcheurs offriront du poisson à Walo - grand amateur de poisson cru - , une gourmandise appréciée à sa juste valeur. Moins appréciée la rencontre avec un congénère du coin. Après le rituel de reconnaissance, une violente bagarre éclate. Walo s'en tirera avec une oreille bien amochée. Séance consolation et désinfection de notre héros.




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