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5-10 juillet 2000(ACHKABAD,TURKMENISTAN) Achkabad signifie littéralement "ville de l'amour". Il fait une chaleur écrasante, autour des 40-45 degrés à l'ombre. Quelques malheureux degrés de répit la nuit. Une chambre d'hôtel avec air conditionné s'impose, surtout pour Walo en fait. A l'arrêt, la température à bord atteint très vite les 50 degrés. Le chien ne tiendrait pas une demie heure dans cette fournaise. Déjà à l'extérieur, le malheureux a la langue qui traine par terre après deux minutes de gambade, sautillant sur le bitume brûlant des trotoirs. Apres l'Iran, Achkabad est un autre monde. Une ville neuve et propre. L'atmosphère y est définitivement soviétique. Les policiers portent encore l'uniforme de l'armée Rouge, seuls les insignes ont changé. Les immenses boulevards sont bordés de platanes et de canaux d'irrigations que l'on appelle aryk. Nous nous promenons au milieu de batiments carrés et austères, dans des squares symétriques et vides, dans des parcs autant immenses que déserts. Des essains pétaradant de Lada déglinguées se mêlent à l'élégance de la gente feminine locale; Russes sculpurales aux jambes nues interminables, aguicheuses et fières; femmes Turkmènes minces et élancées, la peau ambrée, les yeux en amande, toute habillée d'étoffes aux couleurs éclatantes. Les femmes sont vraiment magnifiques dans ce pays... tout en sachant que nous débarquons d'Iran, où il faut avouer qu'elles n'ont pas la possibilité de dévoiler pleinement leurs atouts. Le mélange des genres est fascinant à Achkabad. C'est une ville de contrastes qui mêle rigueur russe et chaleur asiatique. Le tout est agrémenté par les fantaisies architecturales mégalomanes du président Saparmurat Nyazov; la "tête des Turkmène" (Turkmenbashi) comme il s'est auto-baptisé. Dictateur indétronable, son portrait est partout. C'est le culte de la personalité dans toute sa splendeur. A son peuple il a promis de faire du Turkmenistan "un second Koweit", grâce au minerai important que renferme le sous-sol de la steppe. En attendant, la grande majorité de la population vit dans la précarité. Et elle n'a pas un mot a dire. L'opposition politique est inexistante ici. Le régime s'arange pour étouffer l'opinion des mécontents. Trève au sympathique square Azadi au milieu duquel s'élève la seule statue restante de Lénine. C'est l'un des seuls monuments ayant résisté au terrible tremblement de terre qui a totalement rasé la ville en octobre 1948. Nous nous promenons autour des monuments principaux du centre ville, sur des sites truffés de fontaines et... de vide. Brève visite du zoo d'Achkabad, un triste hommage à la décrépitude et à la déchéance animale. Au niveau bouffe, c'est décapant! Ca se résume surtout à des chachliks ; soit des morceaux de viande de mouton et de gras de mouton, piqué en alternance sur une tige de métal, et accompagnés de fines rondelles d'oignons; le tout est ensuite grillé et plus ou moins aspergé de vinaigre. On trouve ces brochettes partout le long des rues. Les locaux en mange à toute heure du jour et de la nuit. 9 juillet 2000(ACHKABAD,TURKMENISTAN) Un dimanche au nord d'Achkabad, en bordure du désert. C'est le jour du célèbre bazar Tolkoutchka. Une gigantesque kermesse multicolore, cacophonie indescriptible de senteurs, de couleurs et de mouvements. En un mot le plus grand bazar d'Asie Centrale. Ici tout s'achète, tout se marchande, du filtre à huile soviétique au paquet de spaguetti iranien, en passant par le polaroïd japonais, selles à chameaux, lunettes de vue, produits de beauté périmés, chaussures pakistanaises, billets de banque staliniens, pièces de Lada, épices débordant d'énormes sacs de jute. Et puis à côté des tonnes de vêtements et tissus en tout genre, nous admirons le superbe artisanat turkmène, tapis en tête, mais aussi les foulards en soie, les sacs de laine robustement tissés, les bijoux en argent et en or dont les femmes d'ici adorent se couvrir. Les telpeks, la coiffe traditionnelle turkmène en peau de mouton, large chapeau hirsute que certains hommes portent fièrement. Le quartier des tapis est magnifique, des chefs-d'oeuvres qui font la fierté du peuple turkmène. On les appelle des bukhara, car ils étaient jadis fabriqués là-bas. On retrouve leur éphigie sur le drapeau du pays, avec le Akhal-teke, le cheval-symbole du Turkménistan. Turkmenbashi en offre parfois lors de ses voyages diplomatiques. François Mitterand et John Major ont d'ailleurs reçu un cheval chacun. Mais Tolkoutchka, c'est aussi des interminables étalages de tomates, de raisins rouges, de melons et de pastèques. Des melons, nous n'en n'avons jamais mangé d'aussi bon qu'ici en Asie centrale. Derrière les étals, des paysannes fripées, véritables antiquités, magnifiques avec leurs rangées de dents en or scintillantes sous le soleil. La plupart refusent les photos, mais toujours en rigolant, gênées et timides au milieu de leur montagne de fruits. 10 juillet 2000(MARY,TURKMENISTAN) Nous avons repris la route. Les check-points sont incessants. On nous "enregistre" tous les 20 km. Deux flics nous confisquent notre permis de conduire et en nous réclamant des dollars. Tenaces, ignorants et souriants, nous nous en tireront en échange de quelques gorgées d'eau minérale. Les deux ripoux avaient franchement l'air assoiffés, sur cette pauvre route au milieu de nulle part. Nous débarquons à Mary, après 350 km de route insipide. Il faut préciser que notre vitesse de croisière dépasse rarement les 60 km/heure. Il fait nuit et la ville a l'air sordide. Nous avons le numéro de téléphone d'une femme qui pourrait nous éberger. C'est un Turc qui nous l'avait donné à Ankara. Mais il est tard et nous préférons dormir sur le parking d'un hôtel. 11 juillet 2000(MARY,TURKMENISTAN) Le seul attrait de Mary est la légendaire cité de Merv, enfin ce qu'il en reste, c'est à dire des ruines éparpillées. Nous prenons la décision de visiter le site sur notre retour vers l'Iran, la chaleur est décidément trop insoutenable. Inutile d'imaginer laisser Walo dans la voiture. Avant la douane ouzbek, nous entamons la traversée du désert Kara-kum ("sables noirs" en turkmène), dans sa partie sud-est tout au moins. Au final, ça donnera 230 bornes de lutte contre une canicule infernale. La sensation d'être au milieu d'un immense four à air chaud. Les ventaliteurs à plein régime, il fait 43 degrés à bord. Les 15 cm de langue qui pendent aux babines de Walo sont là pour en témoigner. Le vent de face est terrifiant, brûlant. Des millions de buissons pétrifiés parsèment l'interminable steppe. Nous sommes tous les trois assoiffés, déshydratés. Pourtant l'eau ne manque pas, mais quand elle fait plus de 40 degrés, elle passe mal. Le moteur bouillonne, la petite aiguille du thermomètre plafonne en permanence dans le rouge. On redoute de tomber en rade dans ce néant. La route est en mauvais état. Nous faisons une pause à l'orée de la réserve naturelle de Repetek, domaine des zem-zem, les énormes lézards du coin. Nous n'en apercevrons point. Walo aura droit à une écuelle d'eau chaude et à nous, on nous offrira de l'eau gazeuse tiède sortie d'un pauvre frigo dégoulinant. Nous laissons une trace dans le livre d'or du "bistrot", constatant avec compassion que des voyageurs européens ont effectué cette traversée du Kara Kum à vélo, en plein été. De la folie. Nous repartons, destination Turkmenabat, anciennement Tchardjou, une cité-frontière proche de la douane ouzbek. Encore une ville sinistre aux allures désertées, quadrillées de grandes avenues et de parcs imbibés de solitude. Et Walo de reprendre son souffle dans la chambre de l'horrible "hôtel psychiatrique" où nous passons la nuit. Les chiottes - une fosse septique - se trouvent à 200m de notre chambre. Les douches également. On passe sur les détails hygiéniques. En Asie centrale, le simple fait d'aller aux wc se transforme souvent en expédition. En plus l'odeur de peinture est étouffante dans les couloirs verdâtres du bâtiment. Tout ça pour 12 $ la nuit; du pur foutage de gueule mais la chaleur est décidément trop élevée pour camper. 12 juillet 2000(FARAB,OUZBEKISTAN) Et vlan! 30 $ pour la traversée de l'Amu-Daria, plutôt cher payé pour un pauvre pont flottant complètement délabré. C'est le tarif pour les étrangers, les autochtones paient 3 $. Nous voilà bientôt à la douane turkméno-ouzbek de Farab. C'est le matin, il fait beau, on a la pêche. L'endroit est un peu glauque, mais ça on y a pris l'habitude. Rien ne ressemble plus à une douane qu'une autre douane. Les formalités nous demanderont sept heures de patience. De gratte-papiers en déclarations, de fouilles en questions interessées, de tampons intempestifs en bureaux surpeuplés, nous ne viendrons à bout de l'administration qu'en fin d'après-midi. Ajoutons que nous avons passé une bonne heure à commenter toutes nos photos de voyage devant une ribambelles de douaniers tout frétillants d'enthousiasme! Avant de nous libérer, on nous soutirera 6 $ de "taxe écologique" en nous offrant du thé vert et des samsas, des petites rissoles à la viande de mouton bien grasse. Nous n'avons rien avalé depuis plus de 20 heures. Avant le début des hostilités, Walo, la star comme d'habitude, en a profité pour se faire la belle et pour pénétrer en toute illégalité sur le territoire ouzbek. Petite frayeur pour nous, mais heureusement les douaniers et les militaires ont eu l'air de trouver ça plutôt drôle. 12-15 juillet 2000(BUKHARA,OUZBEKISTAN) Bukhara signifie "source de connaissance" en farsi. La ville est un authentique musée en plein air qui raconte plus de 1000 ans d'histoire. Les Arabes musulmans, puis les dynasties successives feront de cette cité l'un des plus fabuleux noyau de culture de notre civilisation. Au 10ème siècle, Bukhara est une véritable fourmilière de poètes, de scientifiques et d'artistes en tout genre. Gengis Khan et ses guerriers sanguinaires la détruiront entièrement en 1220. Tamerlan, autre barbare impitoyable, lui redonnera toutefois une partie de sa splendeur au 14ème, avant que Ouloug-Begh - grand astronome et petit fils de Tamerlan - en fasse à nouveau une perle de l'Orient. Plus tard, la Russie tsariste, puis les Bolcheviks s'empareront de la ville. Lutte, résistance, destruction et reconstruction. Aujourd'hui, l'ex-Emirat de Bukhara fait partie de la jeune (1991) République d'Ouzbekistan. C'est une cité paisible, oasis millénaire au milieu du désert du Kizyl-Kum. Quant à nous, nous avons jeté l'ancre sur le parking de l'hôtel Zarafshan, un blokos soviétique déchu qui décroche la palme d'or pour les sanitaires les plus dégueulasses que nous ayons enduré en six mois de voyage. La température extérieure est nettement plus supportable qu'à Achkabad; autour des 30-35 degrés à l'ombre. On est content, Walo aussi. A la découverte de Bukhara, de ses trésors d'architecture. Ici les pierres parlent. Le Labi-Hauz, la "place du village", où se retrouvent les autochtones en fin de journée. Dans l'odeur des inévitables chachliks, un parc ombragé et un bassin-lavoir ancestral autour duquel se mêlent des gosses agités, des touristes intrigués, des familles en promenade. Des pépés sirotent du thé vert, coiffés de la tjubetek, la calote ouzbeke noire aux figures argentées. En cinq jours de ballade, au détour des ruelles de Bukhara, nous découvrons ses beautés d'un autre âge. Le magistral minaret Kalian que Gengis Khan a volontairement épargné pour en faire une tour de laquelle il précipitait ses épouses adultères. A son socle s'étend la gigantesque mosquée du même nom, plus de 10'000 fidèles venaient y implorer Allah. En face, la medresa - collège islamique - Mir-i-Arab, impressionnante avec ses deux énormes coupoles bleues azur. Le tout forment peut-être l'ensemble le plus étourdissant de Bukhara, surtout au coucher du soleil. On peut grimper jusqu'au sommet du minaret Kalian, 107 marches pour un joli panorama sur la ville. D'autres medrasa valent le coup d'oeil, comme celle d'Oulough-Begh par exemple. Et bien d'autres vénérables mastodontes de briques poussiéreuses et de turquoises étincellantes. Plus à l'est de la vieille ville, le Tchor-Minor, petite medresa surprenante avec ses quatres minarets potelés. Nous poursuivons notre circuit dans le parc Samani au coeur duquel trône l'étrange mausolée d'Ismael Samani, le fondateur de la dynastie qui a fait de Bukhara la fabuleuse cité qu'on connait. 16 juillet 2000(BUKHARA,OUZBEKISTAN) Jour du marché kolkosien. Un bric-à-brac pétillant où chacun expose le contenu de ses tiroirs. Les puces de Plainpalais aux allures asiatiques, tout en couleur grâce aux magnifiques étoffes que les femmes ouzbek portent. Dans la foule grouillante, un vieux prophète va et vient; chancelant sur ses jambes de 1000 ans, il chante, ou il gémit plutôt. Il implore l'aumône, paumes tournées vers le ciel. Une vision d'un autre temps. Le vieillard est bouleversant, vêtu de loques rayées jaunes et vertes, un petit turban blanc autour de sa tête. Il est décrépi, solennel et pathétique. Dans l'après-midi, nous reprenons la route. Bientôt, après s'être égarés sur des pistes inconnues au sud-est de Bukhara, nous nous retrouvons dans une sorte de relais ferroviaire où deux gentils gaillards nous accueillent pour la nuit. Nous sommes au bord d'un petit lac d'un bleu incroyable, flaque de lumière pervenche en plein désert. Tout autour, un décor de canyons et de sable. Le lac d'eau douce abrite d'énormes poissons que des pêcheurs nous exhiberont, fiers devant l'objectif de notre appareil photo. Au p'tit dèj, poissons fris (froids), pain sec et thé vert. 17 juillet 2000(SAMARCANDE,OUZBEKISTAN) "Notre" Route de la soie se poursuit à travers la steppe et les interminables champs de coton. Aujourd'hui, nous avons atteint Samarcande. Samarcande, un mot qui semble faire partie de ces trucs inaccessibles. Quelque chose entre le mythe, l'histoire, le rêve et la réalité. Tout comme "Babylone", "Sparte", "Alexandrie" ou "Constantinople", Samarcande est un nom qui dégage pour nous une sorte de magie. Nous atteignons la ville sous un terrible orage. C'est paraît-il rarissime à cette époque. Inutile de dire que pour nous, étant donné la chaleur, c'est un très beau cadeau du ciel. Nous passons toute l'après-midi à la recherche quasi-désesperée d'un endroit où se poser. Nous sommes fatigués. Les quartiers périphériques sont saturés par le trafic automobile. Une ville somme toute comme une autre; mais où est la Samarcande de nos rêves ? On se fait chahuter d'un hôtel à l'autre; rien ne nous convient car c'est souvent beaucoup trop cher, et l'accueil russe est franchement odieux. On finira par se retrouver sur le parking de l'hôtel Afrosyat, un 5 étoiles flambant neuf, puis sur celui d'un kiosque du centre-ville. Là, juste derrière le fameux Registan, nous avons tout ou presque à portée de main: à manger, à boire, des chiottes en plein air, des douches chaudes aux bains-publics municipaux, un coin de gazon pour Walo et la sécurité assurée par les deux adorables tenanciers du petit kiosque. On y déguste sûrement les meilleurs samsas de la ville, toujours frais, chauds et croustillants. Evidemment, nous sommes loin de passer inaperçus. C'est parfois un véritable défilé d'autochtones que nous devons affronter, avec son lot de questions, d'étonnements et d'incompréhension. Je (Ivan) vois encore Rachel, toute gesticulante le jour de notre arrivée, donner la réplique à une vingtaine de personnes agglutinées autour de notre véhicule. Et de ressasser inlassablement notre parcours depuis la Suisse, notre âge, celui du véhicule, notre métier, notre état civil, le nombre de nos enfants, pourquoi le chien, combien le chien, notre compte en banque, notre opinions sur leur pays, etc. A la longue ça peut devenir pénible, mais nous nous sentons finalement obligés de jouer le jeu. Notre présence ici en Asie Centrale, avec cette carriole et ce chien, n'est manifestement pas chose courante. Une vieille photo jaunie aperçue dans un musée et quelques instants de rêverie suffisent parfois pour se plonger doucement dans la Samarcande d'autrefois. Quand les caravanes de marchands déversaient leur cargaison d'épices, de porcelaine, d'ivoire, d'or et de soie sur la place du Registan. Quand des étudiants venus de tout l'Orient peuplaient ces somptueuses medresas. Quand philosophes, astronomes, poètes et médecins s'y réunissaient. Grâce à ses fabuleux monuments presque trop bien restaurés, grâce à ses bazars surpeuplés, grâce à ses patriarches vêtus du costume traditionnel - ceinture de soie et bottes de cuir - , grâce à ses vieux mendiants enturbannés, grâce à ses ruelles défoncées et à ses innombrables vendeurs ambulants... grâce à tout cela, Samarcande, si l'on y prête attention, exhale parfois encore l'atmosphère envoûtante d'autrefois. Le parfum de la Route de la Soie dont elle fut longtemps l'étape principale. Un oasis salvateur pour des milliers de personnes qui se croisaient sur cette véritable trans-continentale du commerce et de la culture. Mais Samarcande, c'est aussi et surtout Tamerlan. Extra-ordinaire bâtisseur d'empire, de la mer Noire à l'Indus, il a façonné "sa" Samarcande à l'image de sa mégalomanie. La mosquée de Bibi Khanym en est un témoignage parmi d'autres. Enorme. Etrange lorsqu'on sait que sur son lit de mort, Tamerlan a balbutié humblement: "une simple pierre et mon nom dessus". Impossible de retenir un frisson lorsque l'on pénètre dans la crypte du Gour Emir, le tombeau des Timourides, et que l'on se retrouve face au véritable tombeau de Tamerlan. Une émotion puissante et inexplicable. Le deuxième jour, nous rencontrons Veronika et son petit copain, sur le parking que nous squattons. Elle Russe caucasienne, 19 ans, étudiante en français. Lui Ouzbek né en Lituanie, 19 ans, étudiant en anglais. Ils nous propose un dîner le lendemain. Veronika et sa mère habitent au 9ème étage d'un vieil immeuble soviétique dans un quartier populaire de Samarcande. L'ascenseur y est en panne depuis trois ans. Quant à l'eau courante, elle n'est disponible que le matin et le soir. Des bidons font le reste. La gentille maman de Véro nous a concocté un repas composé de différentes salades d'aubergines, galettes et gâteaux aux oignons, suivi de boulettes de viande hachée. Ca faisait longtemps qu'on avait pas si bien mangé. Au dessert nous sommes rejoint par Shornum, lui aussi étudiant en français. Pendant ce temps Walo poirote dans le voiture au milieu d'une miriade de gamins. L'un d'eux parviendra à ouvrir la porte arrière, serrure que nous avions oublié de vérouiller. Et walo de s'échapper avec bonheur, provoquant une mini-panique chez les gosses qui donnent immédiatement l'alerte. Nous récupérons le chien dans les cinq minutes, déjà escorté par une meute de copains russes, toute langue au vent. Ouf. Nous passerons ensuite à l'Alliance Française, un centre culturel francophone qui fait office de biblio-médiathèque. Un brin de nostalgie devant le journal de France 2 sur TV5, décuplée par un reportage sur le fromage d'alpage dans les Alpes Vaudoises! Nous quittons nos amis le lendemain après la visite du musée d'Histoire et du tombeau de St Daniel, sans oublier une soirée au Green Hall, une boîte branchée de Samarcande. Notre périple ouzbek se poursuit vers Tashkent, avec une escale nocturne en bordure de la nationale, à côté d'un petit relais dont le chaudron de soupe (la shorpa) - de mouton évidemment - n'a pas échappé à notre regard affamé. |