LES ETAPES
20-26/01/2000
(Italie-Grèce)
27-30/01/2000
(Grèce)
31/01-3/02/2000
(Chypre-Israël)
4/02-7/02/2000
(Proche-Orient)
8/02-12/02/2000
(Proche-Orient)
13/02-18/02/2000
(Jérusalem)
19/02-2/03/2000
(Proche-Orient/Egypte)
2-15/03/2000
(Egypte)
16/03-2/04/2000
(Egypte)
3/04-26/04/2000
(Jordanie)
1/05-20/05/2000
(Jordanie-Turquie)
22/05-12/06/2000
(Turquie)
13/06-19/06/2000
(Turquie)
23/06-5/07/2000(I)
(Turkménistan-Iran)
27/06-4/07/2000(II)
(Turkménistan-Ouzbékistan)
5/07-17/07/2000
(Turkménistan)
22/07-5/08/2000
(Ouzbékistan-Kirghizstan)
5/08-25/08/2000
(Kirghizstan)
31/08-4/09/2000
(Kirghizstan)
5-8/09/2000
(Kazakhstan)
8/09-21/9/2000
(Russie)
21/09-3/10/2000
(Russie-Estonie)
5/10-22/10/2000
(Lettonie-Lituanie)
24/10-15/11/2000
(Lituanie-Pologne-Allemagne-Suisse)

21 mai 2000(KOVADA,TURQUIE)

Dernier coup d'oeil sur la Grande Bleue que nous ne reverrons pas de sitôt. Cap sur le nord, via les chutes de Kursunlu: des rochers tapissés de fougères et le doux fracas de l'eau qui s'écrase dans un étang bouillonnant de truites. Un endroit à nos yeux un peu trop aménagé pour les promeneurs du dimanche.

La petite route qui zigue-zague jusqu'au parc national de Kovada est chaotique et très chouette. Bivouac au bord du lac du même nom, niché au coeur d'un cirque de montagnes parsemées de forêts. Il fait frais. Le calme absolu. Une grande cigogne vient atterrir juste devant nous, picore quelques algues et reprend son vol dans un froissement d'ailes magistral. La nuit tombe. Notre grillade parfume le voisinage. La lueur du feu fait frémir la silhouette des arbres. On est bien. Soudain une voiture. Des voix s'élèvent, une rengaine turque a brisé notre silence. Une demi-heure plus tard, nous voilà propulsés autour d'un feu, en compagnie de cinq turcs qui entamaient une grillade de poisson. Nous soupons pour la seconde fois. Aucun des gars ne connaît le moindre mot d'anglais. Le dialogue n'est pas facile, d'autant plus qu'ils tentent désespérément de se faire comprendre en criant de plus en plus fort!



23 mai 2000(SERPIL,TURQUIE)

Hussein, un des amis de la veille, nous a invité pour le petit déjeuner. Sa femme est adorable et son rejeton carrément poilant du haut de ses quatre printemps. Nous nous retrouvons dans un petit salon très sobre, assis en tailleur autour d'un grand plat garni de tomates, oeufs, saucisses, pommes de terre, yogourt et miel. Serail est infirmière tandis que Hussein s'occupe du grand verger qui s'étire derrière leur maison. La culture des pommes fait la fierté des habitants de cette région. Il nous offrira un sachet deierik, des petits fruits verts, croustillants et acidulés. De la part de Serail, nous recevrons une plante et un foulard turc.


24 mai 2000(EGIRDIR,TURQUIE)

7h00. Les grenouilles ont interrompu leur chant avec l'aurore. Déjà Walo trépigne sous les rayons réconfortants du soleil revenu. Ballade. Une fine couche de rosée fait scintiller la végétation abondante qui borde le rivage du lac d'Egirdir. D'étranges chardons - sans ronces ni épines - blanchâtres, tendres et duvetés, trônent tout au long de la rive. Là-bas, Egirdir se réveille

Principalement reconnu pour son poisson, ses kilims, ses pommes et ses roses, Egirdir abrite également une école coranique et une section de "commandos" de l'armée turque. Un endroit néanmoins plein de charme et de sérénité.

Après-midi à Konya, cité conservatrice, ancienne capitale des Seldjoukides de l'Asie Romaine, actuellement célèbre pour ses céréales - c'est le grenier de la Turquie - et pour ses mystiques derviches tourneurs. Nous sommes au coeur de l'Anatolie. Dégustation de la spécialité municipale: le Firin Kebap, du mouton patiemment rôti au four, gras à souhait, juteux et tendre comme du beurre, servi sur du pain tiède. Un grand moment gustatif. Le thé nous est offert par un marchand de tapis heureusement pas trop insistant.

Nous quittons Konya sous une déluge d'eau et de feu. Un orage terrifiant et aveuglant. La foudre s'écrase et illumine le désert de champs et de collines que nous nous apprêtons à traverser.



25 mai 2000(LA CAPADOCCE,TURQUIE)

Nous empruntons la légendaire route des caravanes, on l'appelle ici Uzun Yol ce qui signifie "longue route". C'est l'une des plus ancienne pistes caravanières du monde, qui reliait Konya à l'Asie, via la Perse. Les poids-lourds ont à présent remplacé les dromadaires, mais il reste... le rêve et quelques somptueux Han (caravanserails) pour l'abreuver. Comme ceux de Sultan-Hani, le plus grand d'Anatolie, et de Agizkarahan, génialement conservés pour leurs 800 ans, avec leur portail immense, leurs salles voûtées, leur écurie a chameaux.

C'est en arrivant à Uchizar qu'un paysage étonnant nous apparaît soudain: la Cappadoce. Première vision, un piton volcanique, le Kale, percé de centaines de cavités. Une énorme citadelle de pierre servant d'abri aux villageois d'antan qui s'y réfugiaient pour échapper aux "barbares". Et en descendant la petite route qui plonge vers Göreme, on aperçoit des champignons bizarroïdes, des cheminées étranges, des phallus triomphateurs, des pics abrupts qui se dressent de toute part. Un univers de tuf (une roche volcanique tendre) que l'érosion a modelé et dont l'Homme a profité pour y construire des appartements troglodytes qu'il a habité pendant des décennies. On se croirait parfois dans une BD. Les tons se mêlent jusque très loin à l'horizon. Un festival de couleurs exacerbées par le jeu du soleil et des nuages. Brève incursion dans l'un des innombrables appartements abandonnés, puis ascension jusqu'au sommet du Kale. Toute la Cappadoce est à nos pieds, et la verte Anatolie printanière s'étend à perte de vue.



27 mai 2000(ANKARA,TURQUIE)

Ankara, trépidante capitale de la République Turque. Il y a encore 77 ans, elle n'était qu'un petit bourg poussiéreux égaré dans la steppe anatolienne. Mais Atatürk, le fondateur de la Turquie moderne, a décidé en 1923 de détrôner Istanbul pour sacrer Ankara. Un prétexte encore d'actualité dans les stades, paraît-il, pour attiser les bastons entre supporters des deux villes.

Nous, nous y sommes restés 18 jours. Le temps qu'il nous a fallu pour décrocher un visa de transit turkmène ainsi que des visas pour l'Ouzbékistan et le Kirghizstan. Des pérégrinations un peu astreignantes et très coûteuses, mais essentielles pour que notre voyage se poursuive. Quant à la Syrie, nous y avons renoncé pour l'instant. On espère pouvoir y fair un saut sur le chemin du retour.

La délicieuse bureaucratie post-soviético-asiatique nous a donc permis de découvrir Ankara. Nazli Eray, célèbre écrivain(e) contemporaine, a décrit cette ville comme "une femme laide et indésirable, mais qui vous attire inostensiblement". Une certaine laideur, c'est vrai, sûrement due à sa pollution et à son trafic incessant au mauvais goût de bouchon. Mais une chouette cité qui sait aussi dévoiler ses charmes à travers sa vieille ville pittoresque accrochée à flan de colline, sa joyeuse agitation urbaine dans les rues de Kizilay, ses habitants ouvertes et bienveillants, son passionnant Musée des Civilisations Anatoliennes, ses parcs reposants, ses p'tits restos de derrière les fagots, et son unique terrain de camping dans lequel nous nous sommes prélassés, au milieu d'une jolie verdure que Walo a avidement explorée et humidifiée.



12 juin 2000(la mer NOIRE,TURQUIE)

Eurêka! Nous avons décroché tous nos visas pour l'Asie Centrale. Enfin nous reprenons la route. L'Iran est dans la ligne de mire, mais on ne sais pas encore quand nous atteindrons ce pays qui reste pour nous synonyme d'inconnu et d'appréhension.

Quatre heures de route. Brève pause-kebap dans un relais campagnard quelque part dans les vertes collines qui relient Ankara à Samsun. Un boui-boui à routiers. Quatre carcasses de moutons pendouillantes, attendant de passer respectivement à la machette et au four. Bilan: 600g de gigot fondant et suintant de gras.

Digestion et chaussée défoncée jusqu'à Samsun, encombrement de graisses et de camions respectivement. Kara Deniz, la mer Noire. Une étendue d'eau qui n'a rien de sombre ou d'austère comme on se la représentait. "Kara" (noir) est la couleur de l'espoir ici.

Samsun - Trabzon. Une route côtière pas très affriolante jusqu'à Bolaman, à cause de ses innombrables chantiers en cours. La construction d'une autoroute on dirait. Notre roulotte branle dans tous les sens. Mais bientôt la montagne vient taquiner les flots et la ballade se fait plus séduisante, au gré des plantations de thé et de noisetiers. Deux policiers nous arrêteront pour nous parler... football.


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