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3 mars 2000(GIZA,EGYPTE) Les Pyramides. Walo est peut-être le premier chien helvète à pisser sur l'une des Sept merveilles du monde! 4 mars 2000(AL FAYOUM,EGYPTE) Trois £E de bakchich ont suffi à la Tourist Police pour nous "autoriser" à camper sur le rivage crados du lac Qarun, poumon du plus grand oasis d'Egypte. Au départ le flic voulait 20£E, soit le prix d'un hôtel! Al Fayoum, une cité bruyante, poussiéreuse et vivante, une ville authentique. Sur un banc public, un chrétien-orthodoxe-grignoteur-de-pistaches nous gratifie d'une photo à l'effigie de son Pape, tentant de nous convaincre que Jean-Paul II n'a rien compris. Sourires complices. Après-midi sur le macadam, plein sud. Le désert infini s'étend de la côte ouest du Nil jusqu'aux confins de la Libye, et plus loin encore. Du sable et rien d'autre. On est claqués quand le soleil se couche. Au milieu de nulle part, le bus se met à bafouiller. Frayeurs. Rien de grave apparemment. Les rares voitures que l'on croise roulent souvent sans phares. Vers 20h00, dans l'obscurité totale, nous apercevons de la lumière au loin. Une aire de secours. Là-bas, les trois ambulanciers de service s'agitent et nous convient autour d'un petit feu. Thé brûlant et quignon de pain sec pour Walo. Les trois hommes sont plutôt surpris par notre passage en ces contrées inhospitalières. Le dialogue n'est pas facile puisqu'ils ne parlent qu'arabe. Lorsqu'ils pigent enfin - gestes et mimiques à l'appui - que l'on souhaite continuer en direction de Louxor, via Asyout, et s'arrêter en bord de route pour dormir, ils décident d'appeller... la police. Pourquoi ? pour nous faire escorter! Là, c'est nous qui sommes surpris. Cinq thés plus tard, nous entendons enfin un véhicule s'approcher. "Police!" nous lancent les trois First Aid, en choeur et tout sourire. Et qu'est-ce qu'on ne voit pas arriver? un tank! un espèce de gigantesque blindé militaire, avec un mitrailleur au sommet et une dizaine de soldats à l'intérieur. On en croit pas nos yeux. Hilare, je demande si je peux faire une photo de l'engin. Pas question, me retorque celui qui semble être le plus haut gradé de l'équipe. Et ainsi, après contrôle de nos papiers, nous revoilà sur la route, lancé à 50km/h, avec un char d'assault comme escorte. On est mort de rire. D'autant plus que nous ne savons absolument pas où ils nous emmènent. Au bout d'une heure, nous entrons dans Asyout, la plus grande ville de Haute-Egypte, autrefois carrefour des caravanes soudanaises et des ventes d'esclaves. Aujourd'hui, c'est l'un des bastions - inactif actuellement - de l'islamisme armé local. On nous stoppe devant les grilles du Club des officiers. C'est dans cette caserne très fermée qu'ils vont nous proposer de passer la nuit. Sans nous laisser vraiment le choix. 5 mars 2000(la vallée du NIL,EGYPTE) Asyout - Louxor, nous roulons près de 300 km escorté par des voitures de police qui se passent le relais à chaque check-points. Et des contrôles, il y en a tous les 20 km environ. C'est extrêmement agaçant pour nous. Mais impossible d'y remédier. Ce sont les consignes du gouvernement, très sévères depuis les évènements sanglants de Louxor en 1997. La descente de la Vallée du Nil a donc été plutôt astreignante. Mais le paysage est magnifique. Nous avons emprunté la route du désert et nous apercevons au loin cette longue langue verte qui sillonne à travers les sables, le Nil. Il se languit majestueusement, et de chaque côté, sur quelques kilomètres, des rizières, des palmiers, des bananiers. Vu d'avion, il paraît que le Nil forme une ligne verte à travers l'immensité du désert. 5-11 mars 2000(LOUXOR,EGYPTE) Nous squattons le rudimentaire YMCA Camp de Louxor, un coin de gazon consolateur et des chiottes infectes pour 6 Francs par jour. Louxor, somptueux musée en plein air, de Karnak aux tombeaux des Pharaons, mais où le voyageurs occidental n'est considéré que comme une pompe à fric. Les tentatives d'arnaques sont permanentes. De plus, Rachel est continuellement harcelée par de jeunes ado qui n'hésitent à lui mettre les mains aux fesses avant de s'enfuir en courant. C'est carrément exaspérant à la longue. A bout de nerfs, elle finira par balancer un coup de journal au visage d'un gosse. Gros remue-ménage au coeur du bazar. Le tourisme de masse a fait des ravages ici. Durant notre séjour, on fera l'affaire du siècle en troquant quatre belles jarres en basalte contre trois vieilles breloques, un harmonica, et un faux zippo! Nous n'avions pas le moindre sou en poche en entrant dans la boutique de Badahoui, le boss du magasin. Mais le baluchon de bibelots, bijoux et bidules bien de chez nous a séduit notre sympathique patron. La transaction a duré presqu'une heure, thés et cigarettes à l'appui. Et chacun a fini par y trouver son compte. Nos intestins commencent à souffrir de l'hygiène alimentaire égyptienne. La tourista nous nargue depuis quelques jours. Walo a beaucoup maigri. 11 mars 2000(la mer ROUGE,EGYPTE) Convoi de police obligatoire jusqu'à Safaga, en compagnie de dizaines de taxi, bus, camionettes, etc. Au bout d'une heure, nous sommes largués, trop lent pour les autres! nous voilà enfin tranquilles pour tailler cette chouette petite route qui serpente le massif qui s'élève au-dessus de la Mer Rouge. 12-15 mars 2000(HURGHADA,EGYPTE) Hurghada est un gros complexe touristique, insultant pour la beauté de cette côte maritime. Impossible d'embarquer, comme nous l'avions prévu, sur le ferry pour Sharm el Sheik, notre véhicule dépasse la hauteur limite de 1,90m. Et nos visas qui arrivent en bout de course. Seule alternative: remonter jusqu'à Suez et faire le tour complet du Sinaï. Nous étions en train de mitonner un plan pour squatter le terrain-vague d'un chantier délaissé entre deux palaces de Sigala, lorsque Sabry nous prend de court: "it's my place, you can stay here" nous dit-il. On s'installe donc à deux pas des eaux turquoises qui nous font office de vis-à-vis. Un p'tit coin de paradis, malgré les gravas et les détritus. Deux familles y ont planté leurs cabanes en carton-pâte. A peine arrivé, Sabry nous invite pour un thé dans sa boutique. Chaleureux mais sec, théâtral et spontané, le gars est populaire ici, et dans son magasin, c'est le pharaon! La gueule aussi grande que le coeur, il nous "offrira" un de ses nombreux papyrus, en échange de 30 balles! un prix - raboté - qui vaudra largement le chouette séjour que nous avons passé ici à Hurghada. |