LES ETAPES
20-26/01/2000
(Italie-Grèce)
27-30/01/2000
(Grèce)
31/01-3/02/2000
(Chypre-Israël)
4/02-7/02/2000
(Proche-Orient)
8/02-12/02/2000
(Proche-Orient)
13/02-18/02/2000
(Jérusalem)
19/02-2/03/2000
(Proche-Orient/Egypte)
2-15/03/2000
(Egypte)
16/03-2/04/2000
(Egypte)
3/04-26/04/2000
(Jordanie)
1/05-20/05/2000
(Jordanie-Turquie)
22/05-12/06/2000
(Turquie)
13/06-19/06/2000
(Turquie)
23/06-5/07/2000(I)
(Turkménistan-Iran)
27/06-4/07/2000(II)
(Turkménistan-Ouzbékistan)
5/07-17/07/2000
(Turkménistan)
22/07-5/08/2000
(Ouzbékistan-Kirghizstan)
5/08-25/08/2000
(Kirghizstan)
31/08-4/09/2000
(Kirghizstan)
5-8/09/2000
(Kazakhstan)
8/09-21/9/2000
(Russie)
21/09-3/10/2000
(Russie-Estonie)
5/10-22/10/2000
(Lettonie-Lituanie)
24/10-15/11/2000
(Lituanie-Pologne-Allemagne-Suisse)

18-19 février 2000(le kibboutz GAL'ON,ISRAEL)

Kibboutz Gal'On. On y a été invité par Catherine, une francaise rencontrée par hasard, bien décidée de nous faire découvrir son kibboutz.

Nous atteignons Gal'On dans l'après-midi, Catherine nous gratifie d'une visite-guidée détaillée de son village. Le kibboutz Gal'On a été construit pendant la nuit du Yom Kippour 1946. Le territoire était alors sous mandat britannique. La multiplication des kibboutz était interdites par les Britaniques. Toutefois, à partir du moment ou un toit, quatre murs et un enclos étaient montés, le terrain était considéré comme habitable, et les "contrevenants" juifs pouvaient s'y installer. Les contrôles étaient intenses et les patrouilles de l'armée nombreuses. Mais pas suffisants en cette fameuse nuit du Yom Kippour, pendant laquelle Gal'On et dix autres kibboutz ont vu le jour. On a appelé ça Les onze Points. Voilà pour l'historique, comme quoi nous n'avons pas été invité dans n'importe quel kibboutz!

Nous avons passé un petit séjour vraiment sympa chez Catherine et Mark, son mari. Le kibboutz est impressionnant, une véritable communauté autonome, avec une grosse infrastructure: écoles, clinique, pédicure, manucure, dentiste, pub, disco, épicerie, et la cafétéria qui représente le noyau du kibboutz. Par contre, pas de synagogue, ici on est laïque et on tient à le rester. Et puis la ferme, immense, qui produit toutes sortes de choses, du citron aux autruches, en passant par les avocats, les poules (des dizaines de milliers!), les vaches (300), des céréales, des fruits, des olives, etc.

Nous quitterons Catherine le lendemain, après qu'elle nous ait généreusement approvisionné en eau et victuailles diverses. Et c'est le coeur ravi par tant de gentillesse que nous reprenons le volant, le désert du Negev en ligne de mire, et un beau souvenir dans le rétroviseur.



20 février 2000(le désert du NEGEV)

Le silence est total, brut et opaque lorsque le moteur s'arrête. Feu de camp au milieu de nulle part. Les flammes dansent au rythme du vent qui n'en finit pas de souffler. C'est la pleine lune. Il fait froid. Lorsque le feu s'éteint, la luminosité blafarde qui nous enveloppe est extraordinaire. Paysage lunaire, silence de glace à peine bafoué par les rafales de vent qui cognent la carrosserie. Peu a peu la fatigue nous gagne. Nous nous couchons. Dérisoire coup d'oeil sur la montre. Il est 19h46.

Ca fait un mois que nous avons quitté notre Helvétie natale. Les neiges du Simplon nous semblent déjà bien loin. Autour de nous, une terre ruinée par la sécheresse, une grisaille caillouteuse à perte de vue, à peine entravée au loin par une rangée de poteaux électriques. Pas vraiment le désert de dunes orangées et ondulées comme on se l'imagine, mais de la caillasse et de la poussière. Et tout là-bas, les monts de Jordanie.



21 février 2000(EILAT,ISRAEL)

Eilat, une grosse station balnéaire et clignotante. Son seul atout: la mer Rouge et ses récifs habités de créatures polymorphes aux mille couleurs. Première immersion en masque & tuba pour Rachel, snorkeuleuse émérite et motivée, plutôt convaincant après l'échec essuyé en Thaïlande! Il suffit d'un petit morceau de pita, et le délicat ballet multicolore se transforme en java déjantée! Génial, même si ça devient parfois angoissant quand les poissons se mettent à nous mordiller les membres.


23 février 2000(la douane de TABA,EGYPTE)

Nous avons atteint la douane égyptienne de Taba, à deux pas d'Eilat. Cocktail d'excitation et d'appréhension. Les formalités se déroulent sans encombres. Seule ombre au tableau, et de taille, un tampon sur mon passeport (Ivan) dont m'a gratifié un abruti de douanier. Cette marque indélébile sera probablement synonyme d'un refus d'entrée en Syrie. N'oublions pas que Israël et la Syrie sont toujours en guerre. Tout passeport comportant la moindre trace d'un passage en Israel n'est pas reconnu par les autorités syrienne. Bref, nous sommes un peu mal barré pour la suite.

Sinon, après cinq heures de palabres douanières, discussions, gribouillages, allers et venues, doutes, attentes, fouille superficielle, marchandages et rigolades, on nous dédicace notre Carnet de passage, on nous souscrit une assurance, on nous concocte un permis de conduire en arabe, et on nous prête deux belles plaques d'immatriculation en arabe. Reste plus qu'à savoir dans quel sens il faut les mettre. Quant à Walo, rien! si ce n'est quelques éclats de rire.

"Welcome to Egypt!" nous lancera l'un des douaniers. Ce n'est pas la dernière fois qu'on entendra cette phrase.



24 février 2000(SINAI,EGYPTE)

Destination Sainte Catherine, après une halte nocturne dans un village de huttes bédouin, un bon gueuleton à la clé. Le trajet jusqu'au célèbre monastère est extraordinaire: le désert du Sinaï nous offre un magnifique panorama, entre vallées escarpées et canyons rougeoyants, jusqu'au grand plateau qui précède l'arrivée au protectorat de Sainte Catherine. De plus, le soleil amorce sa descente, embrasant ainsi toute la péninsule. Le djebel est en feu. La route n'en finit pas. Le spectacle est somptueux maintenant que l'astre se couche. A la tombée de la nuit, sous un ciel étoilé d'une limpidité troublante, nous atteignons les portes du monastère.


25 février 2000(SINAI,EGYPTE)

Très courte notre nuit devant un poste de police, puisque le réveil sonne à 2h45! Objectif de l'opération: l'ascension du mont Sinaï. Trois heures de grimpette. Dur dur pour Rachou qui peine sérieusement. Le froid et la fatigue s'installe. Si bien que c'est perchée sur la bosse d'un chameau qu'elle fera un petit bout de chemin. Le dernier tronçon se crapahutte toutefois à pied, les grosses bêtes cabossées s'arrêtent avant. Pas folles les bébêtes. Tout en haut, nous nous immobilisons là où un célèbre vieux barbu a paraît-il reçu dix commandements d'un autre barbu encore plus vieux que lui. Ca caille méchant. Dans le bol du chien, l'eau gèle en cinq minutes. Walo en profite pour jouer les figurants devant la caméra d'un vidéaste coréen. Eh oui, nous ne sommes pas seul là-haut.

Le ciel s'est lentement éclairci et bientôt, une lueur flamboyante perce l'horizon. Les montagnes lointaines, noires sous un ciel rouge, couvent un voile de brume bleuâtre. Le spectacle est enchanteur. Pas vraiment de mots pour le décrire. Le Sinaï tout entier semble se réveiller. Le désert s'illumine de mille feux. La luminosité change à chaque seconde. Derrière nous, un bédouin s'est agenouillé et implore le soleil. Plus bas, un groupe de japonais a entonné un chant, bras tendus vers le ciel. Le pathétique est de mise en cet instant. Un moment un peu gâché, c'est vrai, par l'attroupement qui s'est amassé sur ce pic.
Nous redescendrons après tout le monde, les derniers, dans un silence bienfaisant, au milieu des rochers qui forment les 3000 marches plongeant sur le monastère Ste Catherine.



26 février 2000(la côte ouest du SINAI,EGYPTE)

Dans une sorte de village-hôtel désert où nous avons dormi, moyennant bakchich évidemment, nous avons rencontré trois types: Resah, Rachad et un certain Mister Gooma, un vieux bédouin plein d'humour qui nous fera mourir de rire. Emmitouflé dans une pauvre pèlerine en forme de djelaba, la peau rapée, le sourire poivre et sel, les yeux rieurs, Mister Gooma nous raconte ses histoires de familles tout en draguant Rachel. Distribution de cartes postales des Alpes Valaisannes, pièces de monnaie suisse, papier à rouler et tabac, dans la bonne humeur collective.

Sur la route du Caire, nous sommes témoins d'un terrible crash, juste devant nous: en pleine vitesse, après un écart soudain, un camion grimpe littéralement sur le dos d'un petit taxi. L'arrière de la voiture est complètement démoli, écrasée par les roues du poids-lourd. En sortent deux hommes couverts de sang, le troisième est coincé à l'arrière du véhicule, vivant mais prisonnier de la tôle. Nous nous arrêterons pour proposer de l'aide. Mais dans la cohue, on nous priera de partir.

Nous voilà bientôt au coeur du périphérique du Caire. Premiers contacts avec le flux démentiel de la circulation. Concerto de klaxons permanents, faufilades rageuses, queues de poissons, c'est la ruée. Ici pas de place pour la courtoisie, il faut tenir le rythme. Repos mérité au camping de la ville que nous finirons par dénicher à Giza. Décrassage en règle pour tout le monde.



27 février 2000(LE CAIRE,EGYPTE)

Re-plongée brutale dans le trafic caïrote, direction centre-ville. Il nous faut trouver une piaule qui accepte les chiens, au centre de Downtown si possible, avec une place de parc pour le bahut. Ce n'est pas une mince affaire. C'est pourtant chose faite dans l'heure qui suit, à notre grand étonnement.

Après-midi de ballade, rencontres fortuites, confection de vraies fausses cartes d'étudiant, shai koshari (thé), shisha (narguilé), chouette petite bouffe, et soirée dans une vieille brasserie, l'un des rares lieux où l'on peut siroter une Sakara ou une Stella sans déranger personne.



28 février 2000(LE CAIRE,EGYPTE)

Le quartier islamique, Al-Muski, Baatiniyya ou encore El Khalili. Un endroit vraiment pittoresque, Le Caire profond, avec son bazar bordélique et envoûtant, ses mosquées ancestrales, son histoire mouvementée, ses habitants ancrés dans une profonde tradition qui n'en finit pas de se perpétrer. C'est un Caïrote anglophone qui nous emmènera d'abord pour une visite guidée qui s'est terminée dans sa boutique d'artisanat. On avait fleuré le piège, on ne s'est pas fait avoir. Après nous être égaré dans les innombrables allées, nous nous sommes retrouvé au sommet de l'un des nombreux minarets du coin. C'est le gardien qui nous a autorisé de crapahuter dans le boyau poussiéreux. De là-haut, la vue sur la capitale est impressionnante. Tout à coup, au loin, une voix s'élève et entame un chant, puis une autre, et encore une autre. Les minarets du Caire se réveillent. C'est l'appel à la prière. Les chants coraniques des muezzin de la ville entière retentissent. Le notre est également sorti de son silence pieux. Des voix aigres, graves, sèches, profondes, criardes ou douces, s'entremêlent étrangement dans une longue et langoureuse mélopée. Allah Akbar!


29 février 2000(LE CAIRE,EGYPTE)

Visite du Musée égyptien, incontournable et faramineuse collection de trésors de l'Égypte Ancienne.


1er mars 2000(LE CAIRE,EGYPTE)

Nous retrouvons notre bahut, en "stand-by" depuis trois jours devant l'hôtel Carlton voisin, surveillé par deux vieux édentés improvisés en vigiles pour l'occasion, histoire de toucher le bakchich attendu. Ca fait partie du jeu en Egypte, et nous le savons maintenant. Rien ou presque ne se fait gratuitement. Retour au camping. Rachel appréhende la traversée de la ville. Nous plongeons dans le chari-vari et entamons un slalom infernal, la pomme du klaxon dans le poing et l'oeil acéré.


2 mars 2000(LE CAIRE,EGYPTE)

Monsieur Carambar, c'est le proprio du camping du Caire, pas commercant pour un sou et sympa comme une porte de grange. Antithèse egyptienne. Toutefois, ce n'est pas de sa faute si nous sommes tous les deux grippés avec le nez qui coule. Heureusement toujours pas de problèmes gastriques importants.


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