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27 janvier 2000(ATHENES,GRECE) Émerger au petit matin en contre-bas du Parthénon, sur le mont Acropole, c'est mieux que n'importe quel hôtel! même si la nuit s'est révélée glaciale. Rien de tel que l'ascension de la colline voisine pour se réchauffer. Le panorama est somptueux. Du Pirée à la banlieue lointaine de Kifissia, Athènes est immense. Difficile transition avec la cohue des embouteillages dans laquelle nous nous immergeons pour atteindre Exarchia, quartier déluré et gaucho de la ville, un chouette endroit pour flâner à la quête d'une petite taverne couleur locale ou d'un bar bien bruyant. Plus sympa que Plaka, le quartier touristique où l'on se fait sans cesse harceler par les restaurateurs et autres boutiquiers zélés. En fin de journée nous parquons le bus dans une ruelle proche de la Place Omonia. Le chien soulagé, nourri, abreuvé et abrité, nous partons en vadrouille dans Exarchia. Quatre heures et quelques Mythos - la bière locale - plus tard, nous rentrons au bercail savourer un bon lit, là, planté au beau milieu de la rue Victor Ougo. Mais arrivés à la-dite place de parc, stupéfaction; la vitre avant gauche est brisée, la serrure forcée et le chien... heureux de nous retrouver! Une des alarmes - de fabrication maison - grésille encore, elle a manifestement pris quelques coups de pied. Nous reprenons nos esprits au bout de quelques longues minutes de béatitude et de rage. Rien n'a été volé, ouf! On file se réfugier sur le parking de la veille, derrière l'Acropole. Et la journée se termine au même endroit, mais dans une toute autre ambiance. 28 janvier 2000(ATHENES,GRECE) 10h30. Nous voilà à la police touristique pour faire une déposition. On nous renvoie au poste d'Omonia, l'infraction ayant eu lieu la-bas. Traversée de la ville. Infernale. Tout est bouchonné. On y arrive laborieusement. Je (Ivan) monte au 2ème étage du commissariat. Une femme blonde-delavée m'interpelle en grec, puis en pseudo-anglais. Récit en trois mots. D'un geste, elle m'envoie attendre sur le banc voisin. L'atmosphère est lourde. A ma gauche une femme menottée au mur sanglote, à ma droite un homme est prostré, silencieux. Des gens arrivent sans interruption. La blondasse aboie sur chaque personne qui s'adresse à elle. Les minutes s'écoulent et voilà bientôt une heure que j'attends. A l'étage du dessous, ça bastonne; cris, bruits de coups, des cris et encore des cris. L'air est suffocant dans ce local aux murs jaunâtre d'où pendouillent d'affreuses icônes. Après m'avoir quasiment jeté au visage un formulaire à remplir, la décolorée termine son service. Le flic qui la remplace fait son entrée, s'assoit, allume une cigarette, avale une grosse lampée de la bouteille de whisky qu'il a sorti de sa poche, et passe en revue les personnes présentes dans la salle. Il est grimaçant, arrogant et raciste, un concentré de mépris et de laideur. Le pire, c'est que ses collègues s'amusent à le voir cracher ses ignominies. L'heure tourne et le cirque continue. Moi je ne dis rien. Ca fait plus de deux heures que je macère. Je pense à Rachel qui poirote depuis autant de temps dans la voiture, arrêté au milieu de la route en bas du commissariat. Au bout de deux heures et demi, je me lève et exige qu'on s'occupe de mon cas. On m'envoie paître, et on me fout à la porte en m'ordonnant d'aller chercher un traducteur à mon ambassade! c'en est trop. Je m'éclipse. Nous repartons pour la police touristique. Re-embouteillages. Et retour obligé au poste d'Omonia, après un coup de téléphone. Mais pourquoi se prendre la tête comme ça. Après coup, on réalisera l'idée saugrenue qu'on a eu de s'obstiner ainsi pour une simple déclaration d'assurance. Finalement notre déposition sera rédigée par une fonctionnaire qui connaît trois mots d'anglais. Enfin. Mais il nous faudra revenir lundi chercher le papier. On se réjouit d'avance. Nous allons passer la nuit en bord de mer, sur la route du Cap Sounion. Au parking sur lequel on s'arrête, Walo, après une petite ballade en solo, nous revient le cou et les oreilles couverts de merde! Joie intense, car n'oublions pas qu'il dort avec nous dans le bus. Et pour clore la journée, à minuit, grosse agitation autour du véhicule. Une bande de motards, pacifiques mais très bruyants, nous repoussent vers la route, à la recherche d'un peu de quiétude et de sérénité. On s'effondrera dans les bras de Morphée un peu plus loin, sur une aire de repos, face à la mer. 29 janvier 2000(ATHENES,GRECE) En route à la recherche d'un réparateur-de-vitre. Après quatre heures d'allers et venues sur le périphérique sud et dans la banlieue d'Athènes, nous trouvons enfin notre bonheur. Rendez-vous lundi matin dans un garage Ford, pour soulager notre amputé de vaisseau. Retour au Athen's Camping pour une nuit paisible, entre orangers et oliviers. 30 janvier 2000(ATHENES,GRECE) Journée peinard. Walo se fait la belle pendant une heure et nous fiche une trouille bleue, tant la route attenante au camping est effrayante. heureusement tout se termine bien. Demain, on répare cette fichue vitre, on passe chercher notre déposition chez les flics, et on se fait aussi la belle, direction Israël, via Rhodes et Chypre. |