LES ETAPES
20-26/01/2000
(Italie-Grèce)
27-30/01/2000
(Grèce)
31/01-3/02/2000
(Chypre-Israël)
4/02-7/02/2000
(Proche-Orient)
8/02-12/02/2000
(Proche-Orient)
13/02-18/02/2000
(Jérusalem)
19/02-2/03/2000
(Proche-Orient/Egypte)
2-15/03/2000
(Egypte)
16/03-2/04/2000
(Egypte)
3/04-26/04/2000
(Jordanie)
1/05-20/05/2000
(Jordanie-Turquie)
22/05-12/06/2000
(Turquie)
13/06-19/06/2000
(Turquie)
23/06-5/07/2000(I)
(Turkménistan-Iran)
27/06-4/07/2000(II)
(Turkménistan-Ouzbékistan)
5/07-17/07/2000
(Turkménistan)
22/07-5/08/2000
(Ouzbékistan-Kirghizstan)
5/08-25/08/2000
(Kirghizstan)
31/08-4/09/2000
(Kirghizstan)
5-8/09/2000
(Kazakhstan)
8/09-21/9/2000
(Russie)
21/09-3/10/2000
(Russie-Estonie)
5/10-22/10/2000
(Lettonie-Lituanie)
24/10-15/11/2000
(Lituanie-Pologne-Allemagne-Suisse)

24-25 octobre 2000(TRAKAI,LITUANIE)

Encore deux jours en terre lituanienne. A Trakai plus précisément, une petite ville péninsulaire encastrée entre trois lacs. Un joli site rural, très prisé en été, mais un peu sinistre en cette saison. Jadis, Trakai fut la capitale de la Lituanie. Un gros château médiéval se dresse au milieu des eaux, glorieux témoin du passé.


26-27 octobre 2000(l'arrivée en POLOGNE)

C'est avec une angine carabinée que je (Ivan) tends nos passeports au douanier polonais. C'est vrai que nous grelottons depuis quelques jours. Le poste-frontière de Budzisko est franchi en quelques instants. La Pologne c'est notre dernière étape dans le Nord européen. Une étape qui, a priori, ne nous excitait pas beaucoup.

Nous traversons la région des lacs - Mazury - au sud de l'enclave russe de Kalingrad, et nous nous dirigeons lentement vers le nord du pays, histoire de voir la Baltique une dernière fois. En effet, nous avons renoncé à visiter Varsovie et Cracovie, il nous a fallu faire un choix. L'état de nos finances et le prix exorbitant de l'essence en Pologne ne nous permettent plus de zigue-zaguer du nord au sud; d'autant plus que nous avons choisi Berlin pour notre dernière "grande" étape.

Nous campons à Krynica Morska, sur l'étroite langue de terre qui file vers les flots de Kalingrad, à l'est de Gdansk. La plage est belle mais la mer, glaciale et grisâtre, n'invite décidément pas à la baignade.



28-30 octobre 2000(GDANSK,POLOGNE)

Gdansk, un nom qui évoquait pour nous le Nord, une ville de marins, dure, industrielle et austère. En fait rien de cela. Gdansk est une cité vivante et pleine de charme; la vieille ville tout au moins. Certaines rues sont vraiment magnifiques. Comme à Vilnius, nous avons la chance de pouvoir camper devant l'entrée d'une auberge de jeunesse. L'accueil est vraiment chouette. D'ailleurs, les Polonais sont des gens plutôt sympas et serviables, dans l'ensemble, même avec la barrière de la langue qui est toujours tenace.

Ce qui nous frappe en Pologne, c'est la ferveur religieuse. Ca remonte à loin. Les églises sont énormes, même dans les petits patelins campagnards. Les représentations divines sont partout le long des routes; on aperçoit sans arrêt des icônes, des crucifix, des chapelles. Sur 107.7 FM, les plus fervents peuvent même écouter Radio Marya, la fréquence catholique! La dévotion semble décuplée en cette période de Toussaint. Dans la banlieue de Gdansk, dimanche passé, nous avons vu des gens faire la queue devant une immense église. De quoi faire pâlir de jalousie les curés suisses! Les cimetières également sont littéralement pris d'assaut, ils débordent de fleurs et de bougies. Des vendeurs de chrysanthèmes et de bondieuseries, il y en a à tous les coins de rue. Par contre, pas la moindre trace de citrouille. Moralité: il faut donc venir jusqu'en Pologne pour éviter le ridicule raz-de-marée commercial de Halloween!



30 octobre-6 novembre 2000(POZNAN,POLOGNE)

Notre ballade polonaise se poursuit vers le sud. Escales à Torun et Gniezno, deux jolies villes situées au centre du pays. Et puis nous passerons cinq jours à Poznan, anciennement première capitale de Pologne. Une cité qui bouge bien, mais une véritable ville-fantôme le jour de la Toussaint! excepté aux abords du cimetière, où tout est encombré par une foule monstre et des centaines de voitures, déviation, police, etc. Incroyable, les morts sont vraiment gâtés dans ce pays.


7-13 novembre 2000(BERLIN,ALLEMAGNE)

Notre ultime étape, Berlin. Nous avons planté notre QG sur un petit parking gratuit, en plein centre-ville, à deux pas de Alexanderplatz. Nous vivrons Berlin à travers de longues ballades à pied, dans le froid piquant. Un moment fort: nous avons participé à une grosse manif anti-raciste en compagnie de... 200'000 personnes. Bref, on garde une chouette souvenir de Berlin, même avec cette fatigue de "fin de voyage" qui est désormais omniprésente.

Dans quelques jours, nous serons donc de retour en Suisse. Pour s'immerger à nouveau dans le "nougat social", comme disait Nicolas Bouvier. Ca fait tout bizarre, une drôle de sensation que de se dire qu'il va falloir rentrer. On aura naviguer 10 mois sur les routes du Moyen-Orient, d'Asie centrale et d'Europe. Un bilan? on a pas envie d'en faire. C'est trop tôt. On va garder tout ça comme ça, en vrac et bien au chaud dans nos mémoires et dans nos coeurs. Ce qui est sûr, c'est que la chance nous a portés depuis le début, malgré une poignée de grosses frayeurs et quelques coups de barre. Et puis, honnêtement, on se demande vraiment comment notre véhicule a tenu jusque-là! et sans une seule panne SVP, excepté un carbu un peu encrassé en Egypte. On a presque envie de lui dédier une chanson à notre Odilon, ou de lui ériger une statue!

Les "oiseaux de passage" commencent à fatiguer. Leurs ailes se sont alourdies en ce début d'hiver. Un peu las de ces grandes villes qui se suivent et qui finissent par se ressembler toutes, de ces soirées et ces nuits froides sur un coin de bitume, de ces routes de campagnes qui ne varient plus beaucoup. Le moment est venu de rentrer, on le sent. Quelque part, on a l'impression que notre aventure s'est un peu achevée à la sortie de la Russie. Un retour à petits pas qui tire en longueur, et qui ne nous apporte plus l'exaltation que nous ressentions avant. L'inspiration manque. Depuis quelque temps, nous parlons plus au passé (nos souvenirs de voyage) et au futur (notre rentrée en Suisse) qu'au présent. C'est mauvais signe. On commence même à évoquer des futurs projets de... voyage, c'est dire!



15 novembre 2000(la douane suisse,ST GALL)

Une Migros là-bas, juste après le poste-frontière! Ca y est, nous sommes de retour en Suisse. On n'a même pas eu droit à un tonitruant"Willkommen!" de la part du douanier. Ils sont pas drôles, comme en Russie.

C'est la dernière nuit que nous passons sur le parking d'un restoroute. On se remémore notre première nuit, le 20 janvier quelque part sur une autoroute italienne. Il fait toujours très froid. Nous campons au milieu d'un groupe de camping-car. On fait vraiment tache à côté de ces luxueux mobilhomes. S'ils savaient d'où on vient avec notre pauvre roulotte désarticulée!

Le lendemain, nous jaillissons, triomphants, au-dessus du lac Léman. C'est toujours un grand moment de découvrir la riviera vaudoise lorsqu'on arrive de Fribourg. Surtout après une longue absence. Il fait magnifique, comme le jour de notre départ, il y a presque 10 mois. Nous avons le coeur qui bat. Entre silences pesants et instants de frénésie. On ne sait plus trop où on en est, ce qu'il faut penser, ce qu'il faut dire. Tout s'entrechoquent dans nos têtes. Notre voyage s'achève. Une autre aventure commence pour nous, la réadaptation...



Epilogue-15 novembre 2000



LE JOURNAL D'UN DOG-TROTTER...

Mais moi aussi j'ai des trucs à raconter, alors, il serait temps qu'on me donne la parole. C'est vrai quoi! Pour une boule de poils de 20 kilos, voire plus, j'en ai fait du chemin, j'en ai vu des choses, et j'ai tout plein de copines... Rodhania de Rhodes, ma première gonzesse de voyage, un peu récalcitrante, mais plutôt sympa. Dahaba, la belle Egyptienne. Et Ankara, la jolie jeune maman ottomane. Avec elle, j'ai partagé mes croquettes et mes os de poulet, et je me suis même improvisé papa-adoptif, juste pour la séduire. Elles, c'était mes trois plus belles histoires d'amour. Les autres? Rien que des amourettes!

Côté congénères j'ai aussi eu quelques amitiés bien virils, dont Rocky et Eddy de la plage d'Aqaba. Et à Bishkek, je me suis laissé aller à me prendre d'affection pour Pik, un gamin braillard, trop souvent dans mes pattes, qui essayait de faire tout comme moi... Sale petit chieur! Autrement, bof pas trop, c'est qu'avec moi, ça tourne vite en baston. Mais bon, je n'ai pas vu que des chiens. Sur le plan bébête, j'en ai rencontré de toutes les tailles, de toutes les formes et de toutes les couleurs. A commencer par ces gros monstres bossus croisés dans le Sinaï. C'est quoi ces trucs??? kaï! kaï! kaï! me voilà fuyant et hurlant dans la nuit. Le comble de l'horreur, c'est quand ma Rachou à moi se perche sur la bosse d'une de ces choses. J'y aurais bien croqué les mollets à cette bestiole, mais bon c'est pas que je sois lâche, mais... l'est quand même un peu grande. Dans le même genre, y'a les chevaux, des grosses bêtes type chameau mais sans bosse... donc plus jolies, mais nettement moins flegmatiques que les camélidés, y en a même un qui m'a balancé un coup de sabot dans le cul. D'après Ivan et Rachou, je l'ai pas volé. Non mais pas cool ces deux-là! Au lieu de me consoler et de déverser sur ma petite personne des flots de tendresse et de caresses. Mais n'allez surtout pas croire que je me suis laissé traumatiser par tous les animaux rencontrés lors de ce périple. Moi aussi je peux tyranniser, moi aussi je peux commander. La preuve la plus édifiante, à Pétra. Un aboiement... et tac, des centaines de bébêtes à poils laineux se jettent dans le vide. Un plongeon dans les rochers pour ces vilains moutons tout frisés. Les bergers ne sont pas très contents, Rachou et Ivan plutôt soulagés qu'aucune de ces pelotes ne se soient blessées, et moi je suis très satisfait, personne n'ose contester mon autorité. Quoique... un peu moins obéissant, un peu plus borné, l'âne sur lequel Aoudi vient à notre rencontre. Grrr! m'énerve ces animaux plus entêtés que moi!! En Turquie je me la joue reptilienne; sympa de chasser la grenouille au bord du lac de Kovada; rigolo de renifler les fesses rugueuses et caqueuses de la tortue. Plus à l'Est, lassé de l'humide et du gluant, je jette mon dévolu sur des damans (des p'tites marmottes quoi!) pas très joueurs, mais au sang chaud et plutôt goutus, c'était à Dogubaiazit (soupir nostalgique). Et dans le registre "non mais regardez-moi voir ce gros truc ridicule", j'ai vu une grosse bête toute rose, sans poil, toute nue, avec une truffe énorme. Je pense que cet animal doit péter beaucoup, parce que ça s'appelle un cochon, et moi quand je pète, Rachou et Ivan me regardent et disent: "Il a encore péter c'cochon!".

Pour rester dans les cochonneries, côté bouffe, la totale! Entre gâteries de p'tit bourgeois et partie de chasse endiablée. Et je dis pas ça pour rassurer Monsieur Baud (mon docteur de Genève) qui s'inquiétait un peu pour mon futur régime alimentaire... Le poisson d'abord, en boite en Egypte, sec au Kirghizstan, cru en Lettonie, ou mort en Grèce. Les cornettes-corned-beef "à l'égyptienne", moins piquant sous les babines, mais si moelleux et tellement succulent. Dans la rubrique "exotisme orientale", les shawarma dégoulinants d'Amman..., j'en rêve encore! Sans parler des samsas kirghizes, ces chaussons à la bidoche grasse et juteuse; à Osh et Bishkek c'était mon menu quotidien. Oh Caramelle... si tu savais comme c'est bon! Tout aussi juteux, mais dans un registre plus fit, les pastèques et les melons d'Asie Centrale, j'adore, mais seulement quand Ivan et Rachel en mange, dans mon écuelle, non! Et même topo pour les mandarines de Lituanie.

Autre grand moment, lorsque Suliman m'a apporté le maglouba que Sahala avait cuisiné rien que pour moi... c'était à Petra, là ou j'ai essayé de me taper un jeune mouton récalcitrant. En Russie, ma grosse fatigue et ma dépression nerveuse m'ont valu une convalescence "saucisses molles & yogourt". Voyons donc les choses du côté positif! Et là, depuis quelques temps, on m'a remis au régime croquettes; dommage, ça n'a jamais senti aussi bon la saucisse. Signe des temps. Quelque chose de nouveau semble se préparer...

Autrement, pour sortir un peu du plan boustifaille, moi, petit Walo,à l'âge de 3 ans, j'en ai fait des trucs fous. J'ai pissé sur des cailloux prestigieux; en Iran je me suis vautré sur des magnifiques tapis persans, bien peu de toutous on eut ce privilège. Exit les lanceurs de pierres égyptiens et jordaniens... fini les provocateurs caïrotes enturbannés et en robe longue... j'leur aurais bien bouffe les machins. Pour revenir aux salons iraniens, j'y ai joué les superstars... instants magiques où le centre du monde avait un nom, le mien...

D'un point de vue géo-météo-climatique, j'ai vu mille paysages, galopé à travers mille contrées, humé mille recoins, pataugé dans 8 mers différentes. Entre terres arides et brûlantes, et forêts verdoyantes... En passant par les sommets enneigés, la steppe infinie, et les campagnes bouseuses, que de contrastes, que de merveilles! En plus, j'ai appris deux ou trois trucs sur ma petite personne :

Tout d'abord, le trop chaud, c'est pas pour moi! Non mais sans déconner... Un exemple pris sur le tas: le Wadi Rum... que du désert, pas un pet d'eau, pas un buisson pour pisser, le sol qui brûle les pattes. Le Karakum, pire, Achkabad, Bukhara... pareil, sauf vers 22h00, ça devient vivable.

Ensuite, le trop froid... non plus! non mais, ce n'est pas parce que je n'aime pas le chaud que je devrais aimer le froid. Misère, toutes ces nuits à se geler la truffe... Et puis cette escapade nocturne dans le Sinaï: faut pas abuser, l'eau qui gèle instantanément dans mon écuelle, emprisonnant ma délicate langue entre deux mini-icebergs. Vous trouvez ça drôle... "Eux" oui!

Non, décidément moi je suis un chien des climats tempérés, bien au milieu, ni trop chaud, ni trop froid, ni trop sec, ni trop mouillé, juste c'qui faut de caillasses et d'gazon, la Suisse quoi!! Et ben, j'les entends causer... on y retourne!

Juste un p'tit souci, "ils" parlent déjà de repartir!
(Walo)




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